16.11.2006
Ni droite, ni gauche : Politique !
Il arrive parfois que nous nous considérions de droite… voire même d’extrême droite. Et qui d’entre nous pourrait nier être, parfois, tombé dans la tentation de proclamer haut et fort : « oui je suis d’extrême droite. » L’extrême droite se perçoit d’avantage comme un repoussoir que comme un bord politique à proprement parler. Se dire d’extrême droite était un moyen de choquer son auditoire et prendre un grand plaisir à heurter la sensibilité de ces bobos en puissance, sarkozistes ou socialistes, se déchirant sur les histoires de prétendants à la présidence, mais toujours d’accords (à quelques nuances près) sur la politique à mener pour la France. Reconnaissons-le, affirmer, sans broncher, à un petit aseptisé de gauche caviar, droite langouste ou vert crasseux que l’on fait partie de cette ignoble clique de « fachos » est un plaisir auquel l’on résiste rarement.
Avec le recul, néanmoins il convient de se demander si parler de « droite nationale, » s’affirmer sans complexe de « droite, » de « droite patriote » voire « d’extrême droite » ne serait pas la pire erreur dans laquelle se fourvoient les nationalistes français depuis plusieurs années.
La République a divisé les Français, pendant la Révolution, en deux camps : le camp du Progrès et le camp de la Réaction. De là naquirent la gauche et la droite. Si la gauche et la droite contemporaines ne peuvent, bien évidemment, pas être confondues avec celles de l’époque révolutionnaire, il faut constater indéniablement que l’origine factuelle de l’apparition de ces deux blocs a encore et toujours un impact sur la vie politique actuelle : Il s’agit d’une coupure, d’une scission entre deux fractions de la population française. La gauche et la droite se livrent une guerre civile larvée.
Platon définissait la politique parfaite, dans la République, comme la recherche du bien commun ; donc la politique s’inscrit dans le cadre d’une communauté pour laquelle l'Etat remplit un rôle de protecteur et d’arbitre. En ce sens, le plus grand des maux politiques est la guerre civile puisque la communauté se déchire et le bien commun devient chimère. Paradoxalement, la « politique » en République est l’institutionnalisation de ce qui est par essence anti-politique : La guerre civile franco-française.
Cette guerre civile française a, jusqu’à présent, été celle de la gauche radicale-socialiste contre la droite libérale-conservatrice. Aujourd’hui, avec l’apparition de nouvelles revendications, l’implantation de communautés allogènes sur notre territoire et le communautarisme importé des Etats-Unis, cette guerre tend à s’aggraver par l’implosion des deux blocs en de multiples factions, parfois qui traversent les courants politiques traditionnels : les lobbys gays, islamistes, écolos, financiers, féministes, syndicaux, etc… chaque camp essaie de tirer la couverture à son avantage, chacun exerce pressions et chantages à l’encontre des partis visibles sur la scène politique. La politique devient un champ de bataille où lobbys s’affrontent sous le masque de leurs hérauts, tous officiellement républicains mais très peu soucieux de la Res Publica. Ce n’est pas le bien commun qui est une priorité, c’est l’intérêt idéologique de groupes d’intérêt organisés. Aucun de ces groupes n’est soucieux de ce qui est véritablement bon pour la France et les Français, la plupart ont été formés à l’école politique républicaine des dogmatiques comme Clemenceau, Emile Combes ou Jules Ferry pour qui l’intérêt de la République (c'est à dire, à l’époque, leur parti, leur idéologie) prévalait sur la France (l’on se souviendra trop bien de ces républicains qui fêtèrent la défaite de Napoléon III en 1870, oubliant allègrement que c’est la France qui venait d’essuyer une défaite… mais qu’importe ! La République était restaurée, alors qu’importe la France ?) Pour cette école de pensée, républicaine, radicale et, plus tard, libérale et socialiste, l’intérêt de l’idéologie, du parti sera toujours supérieur à l’intérêt de la patrie.
Alors que la politique devrait être au service du bien commun, du bien de tous, c’est au service de groupes qu’elle se place aujourd’hui, de groupes qui n’ont qu’une idée : Arriver au pouvoir et en découdre avec leurs adversaires. L’alternance est un perpétuel renversement des forces de cette guerre civile ou chaque camp victorieux veut faire payer à l’autre camp, désormais appartenant aux vaincus, les années d’humiliation.
La bataille entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, particulièrement risible tant les deux candidats brillent par leur absence de programme clair et, surtout, leurs similitudes troublantes quant à leurs discours, est étonnement significative de cette hypocrisie républicaine : Soit que la République est devenue vraiment mal en point, soit qu’elle s’estime suffisamment forte pour présenter un visage aussi décrédibilisant. Les deux candidats sont tellement insipides au niveau des idées qu’il ne fait aucun doute que la bataille présidentielle ne se fait pas entre deux conceptions de la France mais bien entre deux partis, entre deux groupes d’intérêt.
Faut-il pour autant chercher un quelconque espoir chez ces nouveaux nationalistes dits « d’extrême droite » qui se revendiquent eux-mêmes de « droite nationale » ou de « vraie droite » ? La tentation est grande ; pourtant c’est bien là l’erreur dans laquelle il ne faut pas tomber. Car ces gens là ne seront jamais que des produits de partis, parce que l’idée qu’ils se font de la France n’est guère dissociable d’eux-mêmes ou de leurs mouvements politiques. En ce sens, ils sont des purs produits de la République : Ils ne sont pas là pour mettre fin à la guerre civile, ils sont là pour la poursuivre en « partisant » des idées, pourtant, par essence contraires à l’esprit de parti.
Quelque soit la sympathie que l’on puisse avoir pour un Jean-Marie Le Pen ou un Philippe de Villiers, ceux-là resteront des républicains qui ne cherchent pas à remettre en cause les fondations du système. Ils sont là, comme tout homme de parti, à souhaiter la victoire de leur camp contre l’autre et mettre une raclée à « ces salauds de socialos ! »
C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, il faut récuser l’étiquette « droite » et refuser d’être associé à un quelconque parti. Non pas que nous puissions n’éprouver que de la répulsion vis-à-vis de tel ou tel mouvement politique, mais simplement parce que faire cela serait rentrer dans un jeu purement républicain, celui de la guerre civile, celui du camp contre l’autre, celui des idéologies qui s’entrechoquent, jouer le jeu de ces fous qui, parce que l’Ouest catholique ne pensaient pas comme eux, génocidèrent la population vendéenne.
La politique n’a pas pour but la victoire de tel ou tel parti, elle a pour but le bien commun. En France, donc, la politique doit avoir pour but le bien de la nation française, TOUTE la nation française. La première des politiques serait donc nécessairement une politique de réconciliation nationale, cette politique précèdera toute politique purement tournée vers l’intérêt général et non plus vers les intérêts de tel ou tel groupe particulier. On ne pourra faire la France en gommant la moitié des Français, la France se constate, elle ne se décide pas.
Un seul régime peut répondre aux critères de ce qui est souhaitable : La monarchie. Le roi de France, de retour sur le trône, ne sera pas le roi de telle ou telle fraction de la population française, mais le roi de TOUS les Français. Le roi de France, seul, pourra mettre un terme à la guerre civile en envoyant « au diable guerres, rancunes et partis » (chanson « Vive Henri IV ») Le roi seul pourra mener une politique d’intérêt général au dessus des partis et des lobbys.
En somme, restaurer la monarchie, c’est surtout restaurer le politique, tel que définit par les sagesses platoniciennes et aristotéliciennes. Restaurer la monarchie n’est pas un fantasme bourgeois, la restauration de la monarchie est souhaitable car l’empirisme démontre que, en France, et aujourd’hui plus que jamais, ce régime est nécessaire pour notre pays.
Parce que les rois ont fait la France et qu’elle se défait sans roi, parce que nous ne sommes pas hommes d’un parti mais d’une patrie, nous disons « ni gauche, ni droite, monarchie populaire ! »… « et vive le Roi, la France y va tout droit ! »
Doumenge Mistral
14:10 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note



Commentaires
Texte excellent. Tout à fait d'accord avec vous. Connaissez-vous le blog de la FRP? http://federationroyalisteprovencale.hautetfort.com/
Ecrit par : FRP | 26.11.2006
Aron: celui qui se dit "de droite ou de gauche est hemiplégique".
royauté sociale!!
Ecrit par : Marcs | 15.12.2006
Aron: celui qui se dit "de droite ou de gauche est hemiplégique".
royauté sociale!!
Ecrit par : Marcs | 15.12.2006
Attention Mistral,
Il va falloir réviser les fondamentaux en histoire!
en 1870, les répubicains, que j'affectionne autant que vous, veulent POURSUIVRE les combats à tout prix contre la Prusse.
c'est d'ailleurs ce jusqu'au-boutisme qui engendrera le verdict aux éléctions legislatives que l'on sait , de guerre lasse.
Nous sommes donc aux antipodes de ce que votre plume a inscrit, à votre insu, ci-dessus.
JE NE RESISTE PAS AU PLAISIR DE VOUS CITER
-"l'on se souviendra trop bien de ces républicains"
-"obliant allègrement la France qui venait d'essuyer une défaite"
-"mais qu'importe, la république était restaurée alors qu'importe la France" dixit Mistral.
Dois-je vous apprendre que "l'empirisme organisateur" suppose une OBSERVATION rigoureuse des faits et non une TRANSFORMATION partisane?
La générosité de vos sentiments vous aveugle, attention donc, car l'enthousiasme n'a jamais été un critère suffisant du succès.
Ecrit par : Marcs | 15.12.2006
Les Républicains souhaitaient en effet poursuivre la guerre au lendemain de Sedan, certes.
Mais attention, l'extrait de mon texte que vous citez traite d'une réflexion tenue avant cette défaite : (je vous cite de mémoire, la phrase ne doit pas être exacte mais l'idée y est) :
"Deux choses terribles peuvent nous arriver : quie Napoléon III perde et, pire encore, que Napléon III gagne."
L'idée étant que, si la défaite de la France leur semblait une mauvaise chose, la victoire de "Napoléon le petit" leur semblait pire encore. Ce qui laisse entendre qu'une défaite de la France leur était plus acceptable qu'une victoire de l'Empire.
Par là-même, les républicains ont marqué leur préférence en leurs idées plutôt qu'en leur patrie.
Voilà le sens de mon propos.
Bien cordialement.
Ecrit par : Doumenge Mistral | 15.12.2006
Non M.Mistral:
la chronologie est tout autre :
vos propos ne sont pas coherents:
1/ "on se souviendra des républicains qui fêterent la défaite de la chute ne napoléon III EN 1870 (sedan), oublierent la défaite de la France"
dixit Mistral
2/ vous soutenez après que vous leur attribuez cet état d'esprit AVANT la défaite 1870: "mais attention (...) il sagit d'une reflexion tenue AVANT la défaite"
dixit Mistral
n.b.: 2/ ne serait que le commantaire de 1/
vous vous contredites
vous parlez de républicains qui "FETERENT" la défaite de napoleon III" et qui "oublièrent la defaite de la France"
AVANT MEME LA DEFAiTE!!!!!!!!!!!!!
S'il sagit d'une faute de conjugaison de votre part, j'aimerais que vous m'eclairiez sur ce point :comment auraient ils pu se réjouir à l'avance d'une défaite que tout le monde croyait improbable??
Ou alors , il sagit d'une méconnaissancede votre part de l'histoire , de l'histoire militaire, de celle des mentalités , et d'un manque de bon sens: a t-on jamais quelqu'un fêter une défaite avant que celle ci ne se réalise?
Relisez Astérix: les fêtes, les banquets ont toujours lieu après les aventures !!
Peut être aussi vivez vous dans un autre espace-temps que nous autres mortels?
Ecrit par : Marcs | 15.12.2006
Vous vous arrêtez vraiment sur des détails...
Alors réfléchissons : Les républicains, juste avant Sedan, disent qu'ils verront d'un on oeil la défaite de Napoléon III (cf : la phrase que je viens de vous citer.)
Brusquement, après Sedan, leur opinion change à leur sujet selon vous : ils ne se réjouissent pas de la défaite de Napoléon III ?
Les républicains ont appelé à poursuivre la guerre contre la Prusse, cela est un fait indéniable (peut-être se souvenaient-ils que le précédent empire avait été suivi d'une restauration monarchique). Néanmoins, je ne pense pas que la chute de Napoléon III fut un désastre à leurs yeux. Le croyez-vous sincèrement ? Les républicains avaient souhaité la défaite de Napoléon III et, lorsque celle-ci eut lieu, je doute fort que leur avis à ce sujet ait énormément changé.
Que les républicains aient voulu poursuivre la guerre par la suite ne change rien au fait que leur comportement fut celui d'une trahison envers leur pays à cette époque donnée, une trahison motivée par des considérations d'ordre idéologiques.
Ecrit par : Doumenge Mistral | 15.12.2006
Je souris...Dois vous signaler que je suis , depuis un an , agrégé d'histoire?
1/ il n'y a pas que les républicains qui détestaient NIII (voir Falloux , Tocqueville and co. je vous enverai une liste)
2/ils ne se réjouissent pas pour autant de la défaite, puis de l'invasion, de la France pour autant; ils poursuivent en effet les combats CONTRE L'OCCUPATION DU TERRITOIRE
3/ AUCUN ELEMENT, AUCUN FAIT, AUCUN TEXTE NI DICOURS NE NOUS PERMET DE PARLER COMME VOUS LE FAITES de "TRAHISON ENVERS LEUR PAYS". apres Sedan les républicains n'ont pas hésité à se battre pour la France, des monarchistes à leurs cotés .
Vous n'etes pas sérieux. OU alors vous etes un historien de génie qui a vu ce que tous avaient jusque là ignoré: Pierre Nora, Maurice Aghulon, Georges Henri-Soutos, Pierre Milza, Georges Pradalie, Alain Plessis etc.
Ceci est une fantasmagorie!Car on peut se réjouir de la défaite d'un régime abhorré (cf. "la divine surprise" de Maurras) et ne pas accepter la défaite de son pays pour autant (cf. la poursuite de la lutte par les républicains apres Sedan)
Merci Mistral , en un "post" vous réfutez avec force arguments TOUTE l'historiographie, de gauche, réactionnaire ou libérale, francaise ou anglo-saxone, vous nous éclairez, vous nous sortez l'ignorance la plus crasse dans laquelle nous étions avant vous.
NON, je plaisante! Vous n'avez pas raison sur ce point. Dédites vous simplement, avouez vous etre trompé sur ce point seulement, que malgré votre soif d'apprendre vous n'avez ni la méthode ni l'étendue des connaissances d'un historien formé à dure école.
Ecrit par : Marcs | 18.12.2006
Heu... déjà je vous demanderai de quitter votre ton méprisant. Quand bien même auriez-vous raison (ce que je n'ai jamais exclu sans pour autant me jeter corps et âme immédiatement dans votre thèse...), cela ne constitue en rien une justification à vos méprisantes remarques qui ôrnent chacun de vos messages... sachez que l'on a plus vite fait de me convaincre en avançant tranquillement ses arguments plutôt que me présenter des paragraphes entier de déingrement à mon égard.
Ensuite, l'analogie entre Maurras et les Républicains ne me semblent pas pertinente en ce sens que les Républicains avaient déclaré AVANT la guerre souhaiter la défaite de Napoléon III pour que le régime chute alors que Maurras, avant la défait de 1940, souhaitait renouveler l'union sacrée de 1914 (à moins que je ne me tompe ?). Ce n'est qu'une fois la défaite "consommée" que Maurras s'est réjoui de l'arrivée du maréchal Pétain au pouvoir en la célébrant comme une "divine surprise" puisqu'il voyait en lui l'homme capable de relever la France. Mais la défaite de la France n'a certainement réjoui un Maurras nationaliste et, de surccroit, germanophobe.
Par "trahison envers leur pays" j'entendais par là que les Républicains n'ont pas eu le comportement de loyauté que l'on était en droit d'attendre d'eux (comportement qui fut celui de Maurras pendant la Grande Guerre qui, malgré sa franche hostilité vis-à-vis de la république, a choisi de se rallier temporairement au régime contre l'ennemi extérieur.) En effet, il n'est pas très "loyal" me semble-t-il de souhaiter la défaite de Napoléon face aux Prussiens dans l'espoir d'instaurer la République (me semble-t-il.) Et si, après Sedan, les républiccains se sont battus pour la France, peut-être était-ce parce qu'ils imaginaient que celle-ci leur était acquise après la chute de l'empereur ? Procès d'intention, je sais.
Et il n'est pas du tout impossible que je me sois trompé. J'avance juste des arguments, à vous de les contredire (au lieu de me prêter une arrogance que vous êtes seul à imaginer.)
Ecrit par : Doumenge Mistral | 18.12.2006
Il n'y a donc pas lieu de faire des républicains des traitres et des indifférents à l'invasion de leur pays!
D'autre part, soit dit entre nous, fiéfés réactionnaires, l'union sacrée fut une arnaque dans laquelle nous n'aurions jamais dû marcher.
La vieille France ne se demande malheureusement jamais pour qui ni pourquoi elle se sacrifie, pour quelles raisons elle fait montre de ses vertus (la courage, le sacrifice de soi, de sa vie etc.). résultat elle a servit en 1914 à étendre la Patrie des Droits du genre humain", à renverser des régimes traditionnels et à sacrifier ces meilleurs éléments.
On a bien choisit l'Emigration pour ne pas servir n'importe quelle patrie...
Ecrit par : Marcs | 18.12.2006
Rectifiez donc, par pitié, la phrase suivante dans votre texte initial:
"oubliant allègremment que la France venait d'essuyer une défaite".
Vous apprendrez que la joie de voir s'effondrer un régime honnit n'implique pas la trahison de son pays. Ce sont deux sentiments d'ordre différents.
Les républicains l'ont montré, mais aussi les réactionnaires, qui ne détestaient pas moins le second Empire, ont tout aussi vaillament résisté à la Prusse.
Soyez remercié de votre fair-play lors de cette petite escarmouche!! Bonne continuation pour ce jeune blog.
Ecrit par : Marcs | 18.12.2006
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